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L’Hallux valgus de l’étiopathogénie à la prise en charge

DOI: 10.24398/a.547.2024; Noema El Mansouri, Fatima Zahrae Taik, Nihad Takhrifa, Anass Adnine, Fouzia Haddani, Imane Berrichi, Fatima Ezzahra Abourazzak Service de Rhumatologie, Centre Hospitalier Universitaire Mohammed VI, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Tanger.

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QUEL EST VOTRE DIAGNOSTIC ?

DOI: 10.24398/a.540.2024; Imane Berrichi | Fatima Zahrae Taik | Anass Adnine | Nihad Takhrifa | Fatima Ezzahra Abourazzak Service de Rhumatologie, Centre Hospitalier Universitaire Mohamed VI, Tanger, Maroc Laboratoire de sciences de la vie et de la santé, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Tanger, Université Abdelmalek Essadi, Tétouan, Maroc.

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Syndrome de chevauchement induit par un biologique : à propos d’un cas

DOI: 10.24398/a.541.2024; Maria El Mandour, El Mehdi Boudhar, Hasna Hassikou Service de Rhumatologie, Hôpital Militaire Moulay Ismail, Meknès, CHU Hassan II – Maroc.

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Lombalgie chronique mécanique : perceptions de la douleur et impacts sur la vie sexuelle, sociale et professionnelle des patients consultant au service de rhumatologie du CNHU-HKM de Cotonou en 2024.

DOI: 10.24398/a.543.2024; Hontongnon Julien DJOSSOU1, Adama Bah2, Codjo Auster Ayi Megnanglo3, Alexandre Dossou Faton4, Déo Gratias Djaho1, Richard Houeze5, Gilchrist Lenoumi1, Hilaire Dossou-Yovo1, Folachadé Badirou1, Zavier Zomalheto1 1. Service de Rhumatologie du CNHU-HKM de Cotonou 2. Service de Rhumatologie CHU Ignace Deen Conakry/FSTS UGANC 3. Service de Radiologie du CNHU-HKM de Cotonou 4. Service de Médecine Physique et de Réadaptation du CNHU-HKM de Cotonou 5. Service de Neurologie du CNHU-HKM de Cotonou

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Prise en charge des patients fibromyalgiques au Maroc : Résultats d’une enquête

DOI: 10.24398/a.543.2024; Salma Bourjila, Bouchra Amine, Hajar El Allagui, Samira Rostom, Imane El Binoune, Rachid Bahiri Service de Rhumatologie A, Hôpital Al Ayachi, centre hospitalier universitaire Rabat-Salé.

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États des lieux des infiltrations aux corticoïdes en rhumatologie

DOI: 10.24398/a.547.2024 Siham Rachidi1, Saadia Ait Malek1, Imad Ghozlani2,3, Mariam Erraoui1,3 1. Service de Rhumatologie, Hôpital Hassan II, CHU Sous Massa, Faculté de Médecine, Université Ibn Zohr, Agadir – Maroc. 2. Service de Rhumatologie, Hôpital Militaire OUED EDDAHAB, CHU Souss Massa, Université Ibn Zohr, Agadir-Maroc. 3. Équipe de recherche CARBONE, Laboratoire LARISS, Faculté de médecine et de pharmacie, Université Ibn Zohr, Agadir, Maroc.

Hontongnon Julien DJOSSOU

Lombalgie chronique mécanique : perceptions de la douleur et impacts sur la vie sexuelle, sociale et professionnelle des patients consultant au service de rhumatologie du CNHU-HKM de Cotonou en 2024

Lombalgie chronique mécanique : perceptions de la douleur et impacts sur la vie sexuelle, sociale et professionnelle des patients consultant au service de rhumatologie du CNHU-HKM de Cotonou en 2024 Mechanical chronic low back pain : patients’ perceptions of pain and its impact on sexual, social, and professional life at the rheumatology department of CNHU-HKM in Cotonou in 2024 DJOSSOU Hontongnon Julien1, Adama BAH2, AYI MEGNANGLO Codjo Auster3, FATON Alexandre Dossou4, DJAHO Déo Gratias1, HOUEZE Richard5, LENOUMI Gilchrist1, DOSSOU-YOVO Hilaire1, BADIROU Folachadé1, ZOMALHETO Zavier1 Affiliation : 1- Service de Rhumatologie du CNHU-HKM de Cotonou 2- Service de Rhumatologie CHU Ignace Deen Conakry/FSTS UGANC 3- Service de Radiologie du CNHU-HKM de Cotonou 4- Service de Médecine Physique et de Réadaptation du CNHU-HKM de Cotonou 5- Service de Neurologie du CNHU-HKM de Cotonou Auteur correspondant : DJOSSOU Hontongnon Julien, [email protected], Tél 00229 0197130572 Résumé Introduction La lombalgie chronique mécanique est une affection fréquente aux retentissements multiples, souvent sous-estimés. Cette étude visait à décrire la perception de la douleur et ses impacts sur la vie sexuelle, sociale et professionnelle des patients atteints de lombalgie chronique consultant au service de rhumatologie du CNHU-HKM de Cotonou. Patients et Méthodes Il s’est agi d’une étude transversale descriptive menée sur trois mois (1er octobre – 31 décembre 2024) auprès de patients souffrant de lombalgie mécanique évoluant depuis plus de 3 mois. Les données ont été recueillies par questionnaire électronique via Kobocollect, lors d’entretiens face à face. Les variables étudiées concernaient les données sociodémographiques, cliniques, la perception de la douleur et ses répercussions. Résultats Au total, 101 patients ont été inclus, dont 77,2 % de femmes. L’âge moyen était de 50,93 ± 17,16 ans. Les principales étiologies retrouvées étaient la discopathie dégénérative et la spondylarthrose (39,5 % chacune), suivies de la zygarthrose (28,4 %) et de la hernie discale (21 %). Concernant la perception, 38,6 % des patients jugeaient leur douleur insupportable, 50,6 % y pensaient constamment, 58,8 % s’en inquiétaient en permanence, et 48,9 % redoutaient une aggravation incontrôlable. Sur le plan fonctionnel, 80 % évitaient certains mouvements, 53,5 % craignaient de ne plus pouvoir reprendre leurs activités habituelles. La douleur impactait la vie quotidienne dans 69,7 % des cas (ménage : 64,6 %, déplacements : 40,6 %). Une limitation des rapports sexuels était rapportée par 33,7 % des patients. La vie sociale et familiale était affectée chez 59,3 % d’entre eux. L’activité professionnelle était impactée dans 53,1 % des cas, avec 45,6 % déclarant une baisse de rendement, et 25,6 % des retards ou absences. L’inactivité professionnelle moyenne était estimée à 24,12 jours/an ; 6,7 % avaient cessé définitivement leur travail. Conclusion La lombalgie chronique mécanique a un impact significatif et multidimensionnel, justifiant une prise en charge globale et pluridisciplinaire. Mots clés : Lombalgie chronique, perception de la douleur , impact sexuel, impact familial, impact social, impact professionnel Abstract Introduction Mechanical chronic low back pain is a common condition with multiple, often underestimated consequences. This study aimed to describe the perception of pain and its impacts on the sexual, social, and professional lives of patients with chronic low back pain attending the rheumatology department at CNHU-HKM in Cotonou. Patients and Methods This was a descriptive cross-sectional study conducted over a three-month period (October 1 – December 31, 2024) among patients with mechanical low back pain lasting more than 3 months. Data were collected using an electronic questionnaire via Kobocollect during face-to-face interviews. The variables studied included sociodemographic and clinical data, as well as the perception of pain and its repercussions. Results A total of 101 patients were included, 77.2% of whom were women. The mean age was 50.93 ± 17.16 years. The main etiologies were degenerative disc disease and spondylarthrosis (39.5% each), followed by zygapophyseal arthropathy (28.4%) and disc herniation (21%). Regarding pain perception, 38.6% of patients described their pain as unbearable, 50.6% thought about it constantly, 58.8% were persistently worried about it, and 48.9% feared it could worsen uncontrollably. Functionally, 80% avoided certain movements, and 53.5% feared they would no longer be able to resume their usual activities. Pain affected daily life in 69.7% of cases (household tasks: 64.6%, mobility: 40.6%). Sexual activity was limited in 33.7% of patients. Social and family life was affected in 59.3% of cases. Professional activity was impacted in 53.1% of patients, with 45.6% reporting reduced productivity and 25.6% reporting delays or absenteeism. The average number of days of work inactivity per year was estimated at 24.12 days; 6.7% had permanently stopped working. Conclusion Mechanical chronic low back pain has significant and multidimensional consequences, warranting comprehensive and multidisciplinary management. Keywords: Chronic low back pain, pain perception, sexual impact, family impact, social impact, professional impact Introduction La lombalgie commune constitue un motif fréquent de consultation en rhumatologie. En 2020, elle touchait 619 millions de personnes dans le monde, avec une projection de 843 millions de cas prévalents d'ici 2050 [1]. En Afrique, la fréquence hospitalière de la lombalgie varie de 25,2 à 46,8 % [2-4]. Au Bénin, d’après l’étude de Zomalheto et al., cette fréquence est de 36 % [5]. Lorsqu’elle devient chronique, la lombalgie commune entraine des retentissements multiples, souvent sous-estimés. Au-delà de la douleur physique, elle peut profondément altérer la qualité de vie des patients [6-9], affectant leur bien-être psychologique, émotionnel, conjugal, social et professionnel. Ces répercussions compromettent fréquemment la productivité au travail et participent à un isolement progressif du patient. La lombalgie chronique représente à ce titre un véritable problème de santé publique du fait qu’elle engendre un double fardeau, à la fois individuel et socio-économique. Cependant, peu d'études en contexte africain se sont intéressées à la qualité de vie des patients lombalgiques chroniques [10-12]. C’est pourquoi, la présente étude vise à décrire les perceptions de la douleur lombaire chronique mécanique et ses impacts sur la vie sexuelle, sociale et professionnelle des patients consultant en rhumatologie au Centre National Hospitalier et Universitaire Hubert Koutoukou MAGA (CNHU-HKM) de Cotonou en 2024. Patients et méthodes Il s’est agi d’une étude transversale descriptive qui s’est déroulée sur une période de trois mois du 1er octobre 2024 au 31 décembre 2024 dans le service de rhumatologie du CNHU-HKM de Cotonou. La population d’étude était constituée des patients consultant dans le service de rhumatologie du CNHU-HKM durant la période d’étude pour une lombalgie mécanique évoluant depuis plus de 3 mois et disponibles pour l’étude. Par définition, la lombalgie est une douleur ou une gêne localisée dans la région lombaire et/ou fessière, délimitée anatomiquement de la 12ème vertèbre thoracique au sillon fessier, avec ou sans douleur irradiante. Elle est dite mécanique lorsqu’elle apparaît progressivement ou après un effort, s'aggrave avec le mouvement, se soulage au repos et ne réveille pas le patient la nuit. N’ont pas été inclus dans l’étude les patients ayant des antécédents de traumatisme du rachis ou une lombalgie symptomatique. La collecte des données a été effectuée à l’aide d’un questionnaire électronique conçu à partir de Kobotoolbox, déployé dans l’application Kobocollect et testé pour son applicabilité. Une entrevue structurée face à face enquêteur-enquêté a eu lieu. Les variables recueillies ont été en lien avec les données sociodémographiques du patient, les données cliniques ainsi que les données sur la perception du patient sur sa lombalgie et les impacts de la douleur sur sa vie sexuelle, sociale et professionnelle. L'analyse des données a été réalisée à l'aide du logiciel R version 4.4.2. Les paramètres de tendance centrale et de dispersion ont été estimés pour les variables quantitatives, tandis que les proportions ont été calculées pour les variables qualitatives. Le consentement éclairé a été obtenu de tous les participants avant leur inclusion dans l'étude. Résultats Au total, l’étude a inclus 101 patients dont 77,2% de femmes. L’âge moyen des participants était de 50,93 ± 17,16 ans avec des extrêmes de 17 à 86 ans. Ils étaient majoritairement mariés (63,4 %). Les patients avaient des antécédents d’hypertension artérielle (35 cas, soit 34,7 %) et de diabète (5 cas, soit 5 %). Au plan diagnostique, les causes des lombalgies chroniques étaient par ordre de fréquence : la discopathie dégénérative (39,5%), la spondylarthrose (39,5%), la zygarthrose (28,4%) la hernie discale (21%), le canal lombaire rétréci (11,1%) et le spondylolisthésis (6,2%), un patient pouvant présenter plus d’une de ces pathologies. La figure 1 présente les causes lombalgies retrouvées chez les patients par ordre de fréquence. Figure 1 : Répartition des patients en fonction des diagnostics étiologiques des lombalgies. Le tableau I présente la répartition des patients en fonction de leurs perceptions de la douleur lombaire. Concernant l’intensité perçue, 38,6 % des patients la jugeaient insupportable, tandis que 50,6 % déclaraient y penser constamment. De plus, 80 % des patients évitaient certaines activités ou mouvements, de peur d’aggraver leur douleur. En matière de gestion, 16,1 % estimaient qu’aucun traitement ne pourrait les soulager, et 22,4 % se sentaient incapables d’agir pour la soulager. Par ailleurs, près de la moitié des participants (48,9 %) pensaient que leur douleur pourrait empirer de façon incontrôlable, et 58,8 % s’en inquiétaient en permanence. Enfin, 53,5 % craignaient qu’elle les empêche de reprendre leurs activités habituelles à l’avenir. Tableau I : Répartition des patients lombalgiques chroniques en fonction de leurs perceptions de la douleur. Effectif Pourcentage Impression d’une douleur insupportable Non 54 61,4 Oui 34 38,6 Tendance à penser constamment à la douleur (n=85) Non 42 49,4 Oui 43 50,6 Évitement d’activités et mouvements par crainte d’aggravation de la douleur (n=85) Non 17 20,0 Oui 68 80,0 Impression d’absence de traitement pouvant soulager la douleur (n=87) Non 73 83,9 Oui 14 16,1 Impression d’une impuissance contre la douleur (n=85) Non 66 77,6 Oui 19 22,4 Risque d’aggravation incontrôlable de la douleur (n=88) Non 45 51,1 Oui 43 48,9 Inquiétude permanente au sujet d’une possible aggravation de la douleur (n=85) Non 35 41,2 Oui 50 58,8 Crainte de ne plus pouvoir reprendre les activités habituelles à l’avenir (n=86) Non 40 46,5 Oui 46 53,5 Le tableau II montre la répartition des patients lombalgiques chroniques en fonction du domaine de la vie impacté par la douleur. La douleur avait un impact sur la vie quotidienne des patients dans 69,7 % des cas. Les domaines de la vie quotidienne impactés étaient : les loisirs (31,3 %), le ménage (64,6 %), les courses (38,5 %), le sport (26 %), les déplacements (40,6 %), les toilettes (17,7 %). La libido était en baisse chez 11,2 % des patients, et 33,7 % rapportaient une limitation des rapports sexuels. La vie sociale et familiale était impactée chez 59,3 % des patients, limitant leur participation aux activités sociales et familiales. La douleur avait impacté l’activité professionnelle dans 53,1 % des cas. On retrouvait une baisse de rendement chez 45,6 % des patients, et 25,6 % déclaraient des retards ou de l’absentéisme. Le nombre moyen de jours d’inactivité professionnelle par an était évalué à 24,12 jours. Un arrêt définitif de travail était mentionné chez 6,7 % des patients. Tableau II : Répartition des patients lombalgiques chroniques en fonction du domaine de la vie impacté par la douleur Effectif Pourcentage Impact de la douleur sur la vie quotidienne (n=99) Non 30 30,3 Oui 69 69,7 Domaines de la vie quotidienne impactés par la douleur (n=96) Loisir (n=96) Non 66 68,8 Oui 30 31,3 Ménage (n=96) Non 34 35,4 Oui 62 64,6 Courses (n=96) Non 59 61,5 Oui 37 38,5 Sport (n=96) Non 71 74,0 Oui 25 26,0 Déplacement (n=96) Non 57 59,4 Oui 39 40,6 Toilettes (n=96) Non 79 82,3 Oui 17 17,7 Baisse de la libido (n=89) Non 79 88,8 Oui 10 11,2 Limitation des rapports sexuels (n=89) Non 59 66,3 Oui 30 33,7 Activité professionnelle impactée (n=96) Non 45 46,9 Oui 51 53,1 Baisse du rendement (n=90) Non 49 54,4 Oui 41 45,6 Retard et absentéisme au service (n=90) Non 67 74,4 Oui 23 25,6 Arrêt définitif de travail (n=90) Non 84 93,3 Oui 6 6,7 Discussion Les objectifs de cette étude ont été globalement atteints. Elle a permis de décrire les perceptions de la douleur chez les patients souffrant de lombalgie chronique mécanique ainsi que son retentissement sur plusieurs aspects essentiels de la vie, notamment la sexualité, les relations sociales et la sphère professionnelle. Perceptions des patients concernant leur douleur lombaire Dans notre étude, 48,9 % des patients pensaient que leur douleur pourrait empirer de manière incontrôlable, et 58,8 % étaient constamment inquiets de cette aggravation. Ces résultats sont en accord avec ceux de Corrêa et al. qui ont trouvé que la crainte de l’aggravation de la douleur était un facteur significatif chez les patients souffrant de lombalgies chroniques [13]. Dans 80 % des cas, les patients évitaient certaines activités ou mouvements par peur d'aggraver leur douleur. Ce comportement est largement reconnu dans la littérature comme étant lié à la peur de la douleur, ce qui est un facteur contribuant à la chronicité de la lombalgie. Une étude de Rainville et al. a démontré que la peur du mouvement (kinesiophobie) est un facteur prédictif clé dans la persistance de la douleur lombaire [14]. Impact de la lombalgie chronique sur les activités quotidiennes et professionnelles des patients La douleur avait un impact sur la vie quotidienne des patients dans 69,7 % des cas. Cette proportion élevée est en ligne avec les études antérieures qui montrent que la lombalgie chronique a un impact significatif sur la qualité de vie [15]. Ceci confirme l’ampleur des répercussions fonctionnelles de la lombalgie chronique. La douleur avait impacté l’activité professionnelle dans 53,1 % des cas. Ce chiffre est en accord avec d'autres études qui documentent les conséquences de la lombalgie sur la productivité au travail et le maintien dans l’emploi [16,17]. On retrouvait une baisse de rendement chez 45,6 % des patients, et 25,6 % déclaraient des retards ou de l’absentéisme. Ces résultats sont également cohérents avec les recherches montrant que les patients lombalgiques connaissent souvent des difficultés à maintenir un rendement optimal au travail en raison de la douleur [16]. Un arrêt définitif de travail était mentionné chez 6,7 % des patients, ce qui est comparable aux données de la littérature, où la lombalgie est un facteur contribuant à la cessation d’activité professionnelle dans certains cas [18]. Cette situation illustre la gravité potentielle de la lombalgie sur la capacité à rester actif professionnellement. Impact des lombalgies chroniques sur la vie sexuelle, familiale et sociale des patients La libido était en baisse chez 11,2 % des patients en raison de la douleur lombaire. Ce résultat est cohérent avec l’étude de Zomalheto et al. qui a démontré que la lombalgie chronique peut entraîner une diminution de la libido et affecter la satisfaction sexuelle des individus [12]. Les patients déclaraient une limitation des rapports sexuels dans 33,7 % des cas en raison des douleurs. Cette proportion est en ligne avec la littérature existante qui révèle que la douleur lombaire chronique peut interférer avec les activités sexuelles, réduisant leur fréquence et leur qualité [19]. La vie sociale et familiale était impactée chez 59,3 % des patients, notamment en raison d'une participation réduite aux activités sociales et familiales. Ce résultat est soutenu par des recherches qui montrent que la douleur chronique affecte significativement la participation des patients aux interactions sociales, contribuant à l'isolement social et à la détérioration des relations familiales [20-22]. Cependant, notre étude présente certaines limites. L’étude n’a pas utilisé d’échelles validées pour évaluer la qualité de vie ou le retentissement fonctionnel. De plus, son caractère exclusivement descriptif ne permet pas d’identifier de manière indépendante les facteurs associés à ces impacts. Néanmoins, la pertinence du sujet dans notre contexte local et la prise en compte multidimensionnelle de l’impact de la lombalgie constituent les principales forces de cette étude qui ouvre ainsi la voie à des actions thérapeutiques et préventives ciblées. Conclusion Cette étude met en évidence l’ampleur des répercussions des lombalgies chroniques mécaniques sur la qualité de vie des patients consultant en rhumatologie au CNHU-HKM de Cotonou. Au-delà de la douleur physique, les patients font état d’une détresse psychologique, de difficultés dans leur vie sociale, sexuelle et professionnelle, ainsi que d’une inquiétude persistante quant à l’évolution de leur état de santé. Ces résultats appellent à une prise en charge multidisciplinaire des lombalgies chroniques, intégrant, en plus du traitement médical, un accompagnement psychologique et socioprofessionnel. Ils soulignent également l’importance de stratégies de prévention centrée sur le vécu du patient, afin d’atténuer l’impact de la douleur sur les différentes sphères de sa vie. Conflits d’intérêt : Aucun Références 1. GBD 2021 Low Back Pain Collaborators. Global, regional, and national burden of low back pain, 1990–2020, its attributable risk factors, and projections to 2050: a systematic analysis of the Global Burden of Disease Study 2021. Lancet Rheumatol. 2023;5(5):e316–29. 2. Muzembo Ndundu J, Nkodila A, Mayengo Bukambu L, Luviluka Diakono JM, Tungulu Kota L. Prevalence and risk factors associated with chronic low back pain in a population of workers at a transport company in Kinshasa. Kinesitherapie. 2021;21(236–237):22–9. 3. Mijiyawa M, Oniankitan O, Kolani B, Koriko T. 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Salma Daoui

Adénocarcinome pulmonaire révélé par un tableau rhumatologique et une élévation paradoxale des marqueurs digestifs CA19-9 et ACE

Introduction Les rachialgies inflammatoires imposent la recherche d’une étiologie secondaire, notamment infectieuse ou néoplasique, en particulier en présence d’autres signes d’alerte rouge. Parmi les causes néoplasiques, les métastases osseuses de cancers ostéophiles doivent être systématiquement évoquées. Nous rapportons le cas d’un adénocarcinome pulmonaire révélé par des métastases osseuses, associé à une élévation inhabituelle des marqueurs tumoraux ACE et CA19-9, habituellement liés aux cancers digestifs, ce qui souligne l’importance d’une interprétation clinique globale. Observation Il s’agit d’un patient âgé de 59 ans, diabétique de type II, hypertendu, suivi pour une néphropathie à IgA sous corticothérapie au long cours. Il présente un antécédent de tuberculose pulmonaire traitée et déclarée guérie, ainsi qu’un tabagisme chronique à raison de 18 paquets-années, sevré depuis 5 ans. Il a consulté pour des rachialgies inflammatoires subaiguës intenses, ne répondant pas aux antalgiques habituels, associées à une douleur inflammatoire bilatérale asymétrique des épaules, prédominant à droite, sans signes extra-articulaires, évoluant dans un contexte d’amaigrissement chiffré à 10 kg en deux mois.

salma bourjila

Prise en charge des patients fibromyalgiques au Maroc : Résultats d’une enquête.

Prise en charge des patients fibromyalgiques au Maroc : Résultats d’une enquête.

Maria El mandour

Syndrome de chevauchement induit par un biologique : à propos d’un cas

Il s’agit d’une patiente âgée de 39 ans, sans antécédent pathologique notable. Elle est suivie depuis 3 ans pour une spondylarthrite dont le diagnostic a été retenu devant le regroupement syndromique : polyarthrite fixe bilatérale asymétrique ne respectant pas les IPDs, une dorso-lombalgie inflammatoire avec raideur, une atteinte enthésique et une sacro iliite à l’IRM. Elle a été traitée initialement par plusieurs rotations d’AINS associé au méthotrexate à dose optimale pendant 1 an mais sans amélioration. Un switch vers L’Etanercept a été préconisé sauf que après 2 mois de traitement, la patiente s’est présentée dans notre service avec une symptomatologie faite de myalgies proximales avec un déficit des ceintures pelvienne et scapulaire, un œdème palpébral ( figure 2), une photosensibilité, des lésions cutanées ulcérées et abcédées au niveau des membres inferieures et supérieurs, au niveau du dos et même au niveau du cuir chevelu (figure 1) , associé à une oligoarthrite touchant les deux poignets le tout évoluant dans un contexte fébrile et altération de l’état général. L’examen note une patiente consciente sur le plan hémodynamique et respiratoire pesant 62 kg pour une taille de 167cm ; une tension artérielle à 11/09 ; température à 38°; une douleur à la pression des masses musculaires, une faiblesse musculaire des ceintures scapulaires et pelviennes avec une amyotrophie quadricipitale et un signe du tabouret positif. Son bilan montre : un syndrome inflammatoire avec une CRP à 19,74mg/l et VS à 60. La numération formule sanguine a révélé une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles et une anémie hypochrome microcytaire. Les enzymes musculaires, le dosage du complément (C3,C4), le bilan rénal, hépatique, lipidique, phosphocalcique ainsi que la protéinurie de 24hr étaient sans anomalie. L’ostéodensitométrie avant la corticothérapie était normale. Les AAN étaient positifs à un titre de 1/640 d’aspect homogène avec chromatine positive (la recherche des AAN était négative dans le cadre du bilan pré biothérapie), l’Ac anti DNA natif et anti nucléosome étaient faiblement positifs par contre les histones, les Ac anti SRP54 et les Ac anti Ku étaient fortement positifs. L’EMG était en faveur d’une atteinte myogène confirmant le tableau de dermatomyosite. Le diagnostic de lupus induit a été retenu devant la clinique, la positivité des AAN avec un taux fortement positif des Ac anti histones à côté des Ac anti DNA natif et Ac anti nucléosome faiblement positif. Celui de la dermatomyosite devant les symptômes cutanés et musculaire très parlant, le tracé myogène et la positivité des Ac anti Mi2, Ro52, Ku et SRP54 témoignant d’une atteinte de pronostic sombre. Le diagnostic final retenu dans notre cas est celui d’un syndrome de chevauchement dermatomyosite et lupus. Une corticothérapie a été prescrite à raison de 0,5mg/kg/jr. L’amélioration des lésions cutanées, des douleurs articulaires et de la force musculaire est remarquée après 7 jours de traitement. L’ordonnance de sortie comportait une bithérapie (Méthotrexate et corticothérapie). Après 1 mois sous Méthotrexate à dose optimale et 30 mg/j de corticoïde, une aggravation des lésions cutanées associée à une atteinte des muqueuses labiales sous forme de croutes épaisses et hémorragiques avec des zones fissuraires douloureuse et un aspect inflammatoire de la muqueuse (figure 3), une chute très intense des cheveux (figure 4) ainsi qu’un fléchissement musculaire ont été constaté. La patiente fut mise sous Rituximab associé au Méthotrexate. L’évolution a été rapidement favorable sur le plan cutané et musculaire. Selon les critères de pharmacovigilance, nous avons retenu le diagnostic de syndrome de chevauchement sévère induit par l’Etanercept d’autant plus que le bilan immunologique était négatif avant de démarrer l’anti TNF. En effet, la patiente était sous Etanercept seul et ne prenait aucun autre médicament, le délai entre l’introduction du traitement et l’apparition des lésions cutanées est court (6 semaines). L’Etanercept fut arrêté. Nous n’avons pas testé la réintroduction de ce dernier par crainte d’apparition d’autres phénomènes paradoxaux.