Dépistage et prise en charge de l’insuffisance surrénalienne lente chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde sous corticothérapie

Résumé

Objectif : évaluer la prévalence de l’ISL chez des patients atteints de PR sous faible dose de corticoïdes ou sevrés.

Matériels et méthodes : une étude prospective a été menée dans le service de rhumatologie de l’Hôpital Militaire Avicenne de Marrakech incluant des cas de PR diagnostiqués selon les critères ACR/EULAR 2010, sous corticothérapie (CTC) prolongée à des doses ≤7,5 mg/j pendant ≥3 mois ou sevrés.

Résultats : 100 patients ont été étudiés, avec un âge moyen de 57,40±9,05 ans et une prédominance féminine à 78%. La durée moyenne d’évolution de la PR était de 14,12±7,90 ans. La PR était déformante chez 72 % des patients, active chez 54 % des patients et érosive dans 85% des cas. Concernant le traitement de fond, le méthotrexate étant le plus utilisé (75 %) et la biothérapie était prescrite chez 21% des patients. En ce qui concerne la corticothérapie, 75% des patients étaient sous corticothérapie orale à faible dose, tandis que 25% étaient sevrés. La dose moyenne était de 3,5±2,46 mg/j, avec une durée moyenne de traitement de 10,39±7,4 ans.
Dans le cadre du dépistage de l’ISL, le faciès cushingoïde était le signe le plus fréquent, observé chez 14 patients. Parmi les anomalies biologiques non spécifiques, on a relevé 2 cas d’hyponatrémie, 5 cas d’hypoglycémie et 9 cas d’hyperkaliémie. La cortisolémie à 8h avait une moyenne de 247,17±154,5 nmol/L, et 19 patients ont été confirmés comme atteints d’ISL après un second dosage. L’analyse statistique a mis en évidence l’impact des glucocorticoïdes sur l’axe hypothalamo-hypophysosurrénalien, particulièrement en lien avec la dose actuelle. De plus, les facteurs d’activité et de sévérité de la PR étaient significativement associés à l’ISL. La comparaison entre les groupes avec et sans ISL a révélé des différences statistiquement significatives dans le délai diagnostique, l’activité de la PR, ainsi que dans la kaliémie et la glycémie.

Conclusion : Notre étude illustre la fréquence de l’ISL chez les patients suivis pour la PR sous corticothérapie prolongé à faible dose ou sevré. Ces résultats soulignent l’importance d’un dépistage systématique par cortisolémie et d’une prise en charge adaptée, incluant substitution par hydrocortisone, éducation des patients et prévention des complications aiguës.

Mots clés : Polyarthrite rhumatoïde; Insuffisance surrénalienne lente; Dépistage; Corticothérapie.