La maladie d’Erdheim-Chester (MEC) est une maladie rare appartenant au groupe des histiocytoses « L », anciennement appelées histiocytoses non langerhansiennes. Sa signature est histologique, avec la présence de cellules histiocytaires spumeuses CD68+ CD163+ CD1a- langerine (CD207-), associées parfois à des cellules géantes de Touton.
Considérée à la fois comme une maladie inflammatoire et proliférative, sa physiopathologie n’est pas complètement élucidée. Néanmoins, une avancée significative a été la découverte de la mutation BRAFp.V600E du gène BRAF, pivot de la voie de signalisation cellulaire MAPK (Mitogen- Activated Protein Kinase), présente dans plus de 80 % des cas.
Dans le reste des cas, d’autres voies d’activation sont impliquées : MAP2K1, PI3K/AKT/mTOR et NRAS.
L’atteinte est multisystémique, à des degrés très variables. L’os est le premier organe touché (jusqu’à 95 % des cas), avec une symptomatologie clinique présente dans environ la moitié des cas. Suivent les atteintes endocriniennes, puis néphrologiques, cardiovasculaires, pleuro-pulmonaires, cutanées et enfin neurologiques. Cette dernière constitue, avec
l’atteinte cardiovasculaire, un élément de sévérité et un facteur indépendant de mauvais pronostic. Des critères diagnostiques ont été révisés et proposés pour établir le diagnostic positif.
Le traitement de première ligne repose sur l’interféron et le peg-interféron alpha, notamment dans les formes de sévérité modérée ou non sévères. Par ailleurs, les thérapies ciblées (inhibiteurs de BRAF et de MEK) constituent une alternative thérapeutique prometteuse avec des résultats robustes. Elles doivent cependant rester réservées aux formes sévères et réfractaires, compte tenu des effets secondaires potentiels (notamment néoplasiques paradoxaux) et de l’absence de recommandations établies concernant la durée du traitement..
Mots clés : Maladie d’Erdheim Chester (MEC)