L’évaluation du statut en vitamine D et des paramètres phosphocalciques chez les femmes ayant une ostéoporose après la ménopause revêt une importance cruciale pour la gestion et la prévention de l’ostéoporose.
Objectif : Evaluer le statut vitaminique D et phosphocalcique chez les femmes ménopausées présentant une ostéoporose, suivies dans l’unité de prise en charge spécialisée des ostéopathies fragilisantes au Centre Hospitalier Ibn Rochd de Casablanca.
Patients et méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective analytique à l’unité des ostéopathies fragilisantes au service de rhumatologie du CHU Ibn Rochd, couvrant la période de 2014 à 2023. Les critères d’inclusion étaient toutes les femmes ménopausées ostéoporotiques. Les niveaux sériques de la 25(OH)D, du calcium et du phosphore ainsi que les valeurs densitométriques ont été recueillis à partir des dossiers médicaux de ces patientes.
Résultats : Nous avons inclus 701 patientes. L’âge moyen était de 68,99 ± 9,42 ans, avec un minimum de 44 ans et un maximum de 97 ans. 603 patientes ont réalisé le dosage de la vitamine D. Le taux sérique moyen était de 19,44 ± 10,81 ng/mL. Seulement 11,6 %, soit 70 cas, avaient des niveaux adéquats de 25(OH)D. En revanche, la majorité des patientes, soit 88,38 %, souffrait d’une hypovitaminose D, soit 533 cas. La prévalence de l’insuffisance en vitamine D était plus élevée, soit 74,12 %, celle de la carence en vitamine D était de 11,6 %. La calcémie corrigée était calculée chez 601 patientes, le taux moyen était de 93,88 ± 6,69 mg/l. La majorité des cas, soit 79,7 %, présentait une calcémie normale. La prévalence de l’hypocalcémie était de 17,63 % et celle de l’hypercalcémie était de 2,66 %. Concernant le phosphore, 540 cas ont réalisé le dosage de la phosphorémie, le taux moyen était de 35,2 ± 6,39 mg/l. La majorité des patientes, soit 95,18 %, présentait une phosphorémie normale. La prévalence de l’hypophosphorémie et de l’hyperphosphorémie était de 2,22 % et 2,59 % respectivement. L’analyse statistique n’a montré aucune corrélation entre le taux sérique de la 25(OH)D et de la calcémie corrigée (p=0,31), ni entre le taux sérique de la 25(OH)D et de la phosphorémie (p=0,6). En revanche, une corrélation positive a été observée entre les concentrations sériques de la 25(OH)D et la calciurie de 24 h (p=0,05), ainsi qu’une corrélation négative entre le taux sérique de la 25(OH)D et celui de la PTH (p=0,001).
Conclusion : La prévalence de l’hypovitaminose D est très répandue chez les patientes ostéoporotiques post-ménopausiques (88,38%), alors que le statut phosphocalcique est majoritairement normal dans cette population. Il est donc essentiel de mesurer la vitamine D pour anticiper une supplémentation lors de l’initiation d’un traitement contre l’ostéoporose. Sa réalisation est également nécessaire lors du suivi des patientes.
Mots clés : Vitamine D, statut phosphocalcique, ostéoporose, ménopause.