Les facteurs associés à une récidive d’une ténosynovite de De Quervain en pratique rhumatologique à Ouagadougou (Burkina Faso).

Cas Cliniques

Wendlassida Joelle Stéphanie Zabsonre/Tiendrebeogo1, Fulgence Kabore1, Charles Sougue2, Moussa Ouedraogo, Victor Nonguierma, Nadia Esther Toe, Aida Abassiri, Binta Savadogo, Aboubakar Ouedraogo, Venance Kabore, Cyprien Yameogo, Théodore Ouedraogo1,2, Dieu-Donné Ouedraogo

1 Service de Rhumatologie, Centre hospitalier universitaire de Bogodogo, Ouagadougou, Burkina Faso
2 Service de Chirurgie Polyclinique Notre Dame de la Paix, Ouagadougou, Burkina Faso

Rev Mar Rhum 2022; 59:49-52

Introduction : La ténosynovite de De Quervain est une inflammation de la gaine des tendons du pouce (long abducteur et court extenseur) au bord externe du poignet. Il s’agit d’une affection fréquente. Le traitement est le plus souvent conservateur basé sur les infiltrations locales de corticostéroïdes. Cependant, des cas de récidives sont observés. Peu de données existent sur les récidives des ténosynovites de De Quervain. Le but de cette étude était de déterminer la fréquence des récidives après traitement d’une ténosynovite de De Quervain ainsi que les facteurs qui y sont associés.

Matériels et méthodes : Il s’est agi d’une étude rétrospective à visée descriptive et analytique sur une période de 11 ans de Février 2006 à Juin 2017 dans le service de rhumatologie du Centre hospitalier universitaire de Bogodogo. Etaient inclus tous les patients ayant une ténosynovite de De Quervain confirmée par l’échographie du poignet. Les paramètres sociodémographiques, cliniques, paracliniques, thérapeutiques et évolutifs ont été étudiés. Les dossiers incomplets étaient exclus. Tous les patients recevaient au moins une infiltration locale de corticoïdes (Cortivazol ou Betamethasone). La récidive était définie par une réapparition de la maladie après une guérison complète d’au moins 4 semaines après une infiltration de corticoïde. Les patients ayant une récidive ont été comparés à ceux qui étaient améliorés par le traitement. Le test de chi2 a été utilisé pour comparer les variables. Un seuil de significativité p inférieur à 0,05 a été retenu.

Résultats : sur 105 patients reçus durant la période d’étude, 27 (25,71%) avaient une récidive de ténosynovite de De Quervain. L’âge moyen était de 46,80 ans et le sex ratio de 0,11. Le délai moyen de récidive était de 15,24 mois avec des extrêmes de 1 et 72 mois. Tous les patients ont bénéficié lors de la récidive d’un traitement médical, aucun patient n’a bénéficié d’une prise en charge chirurgicale. Parmi les patients qui avaient une récidive, 9 (33,33%) étaient des agents de bureau. Vingt (74,07%) patients ayant récidivés avaient une activité entrainant une hypersollicitation de la main. Les facteurs de récidive observés étaient l’infection à VIH (4cas (p=0,004), l’obésité 4 cas (p=0,03), et la présence d’un fibrome utérin (3cas (p=0,04). L’évolution était favorable dans 20 cas (74,04%), la persistance douloureuse était notée chez 6 patients (22 ,22%).

Conclusion : la récidive est fréquente lors des ténosynovites de De Quervain. La détermination de facteur de récidive dès le premier épisode permet d’envisager une prise en charge adaptée et de réduire ainsi le taux de récidive.

Introduction : De Quervain’s tenosynovitis is an inflammation of the sheath of the thumb tendons (abducto longus and extenseor digitorum brevis at the outeur edge of the wrist. It is a common condition. Treatment is usually conservative based on local corticosteroid infiltrations. However, cases of recurrence are observed. Few data exist on recurrence of De Quervain’s tenosynovitis. The aim of this study was to determine the frequency of recurrence after treatment of De Quervain’s tenosynovitis and the associated factors.

Patients et methods : this a retrospective descriptive and analytical study over a period of 11 years from february 2006 to june 2017 in the rheumatology department of the Bogodogo Teaching hospital. Included were all patients with de Quervain’a tenosynovitis confirmed by ultrasound of te wrist. Sociodemographic, clinical, paraclinical, therapeutic and evolutionary parameters were studied. Incomplete files were excluded. All patients received at least one local infiltration of corticosteroids (Cortivazol or Betamethasone). Recurrence was defined as reapparance of disease after complete recovery of at least 4 weeks after corticosteroid infiltration. Patients with recurrence were compared with those who improved with treatment. The Chi 2 test was used to compare the variables. A significance level p less than 0,05 was used.

Results : out of 105 patients seen during the study period, 27 (25,71%) had a recurrence of De Quervain’s tenosynovitis. The average age was 46,80 years and the sex ratio was 0,11. The mean time to recurrence was 15,24 months with extremes of 1 and 72 months. All patients reveided medical treament during the recurrence, no patient received surgical treatment. Of the patients who had a recurrence, 9(33,33%) were office workers. Twenty (74,07%) patients who had relapsed had activity leading to over-straining the hand. The factors of recurrence observed were HIV infection (p=0,04), obesity (p=0,03) and the presence of a uterine fibroid (p=0,04). The outcome was favorable in 20 cases (74,04%). Pain persistence was noted in 6 patients (22,22%).

Conclusion : recurrence is frequent in De Quervain tenosynovitis. Determining the recurrence factor from the first episode makes it possible to consider appropriate management and thus reduce the rate of recurrence.

Mots-clés: Ténosynovite; De Quervain; Récidive; Burkina Faso; Afrique.