Cinq ans de Rhumatologie à Madagascar : dures réalités et quelles perspectives ?

Articles Originaux

Hoby Nomena Rakotomalala1, Miarisoa Olivah Razanaparany1, Maminirina Véronique Ranaivoarison2, Stéphane Ralandison2

1 Unité de Rhumatologie, CHU-JRB Antananarivo - Magadascar.
2 Unité de Rhumatologie, CHU Morafeno Toamasina - Magadascar.

Rev Mar Rhum 2016; 37:33-8

Introduction : Avec l’ouverture récente du seul service du Rhumatologie à Madagascar en 2005, nous avons étudié l’évolution de la prise en charge des patients afin d’identifier les stratégies d’amélioration des services rendus aux patients dans les années à venir.

Méthodologie : C’est une étude rétrospective descriptive sur analyse de dossiers de patients vus à l’unité de Rhumatologie du CHU Antananarivo entre janvier 2006 et 2011.

Résultats : Nous avons retenu 1581 cas dont 1480 (94%) vus en consultation. Il y avait 111 nouveaux cas entre 2006-2007 contre 1062 entre 2010-2011. Le nombre des patients venant des îles voisines allait de 6 à 127 durant le même intervalle. La goutte et le rhumatisme articulaire aigu étaient les diagnostics les plus évoqués en ambulatoire, respectivement chez 76 et 74 patients. Seuls 26% de ces diagnostics étaient retenus dans notre service où les pathologies dégénératives dominaient (61%). Les rhumatismes inflammatoires représentaient 13% des cas. La quasi-totalité de ces patients recevaient une corticothérapie au long cours et les possibilités thérapeutiques sont restés les mêmes en cinq ans, avec un usage fréquent du Méthotrexate. Seuls 5,81% de ces patients bénéficiaient d’un traitement anti-ostéoporotique. La proportion de patients perdus de vue est importante, expliquée en partie par le nombre croissant de patients, non proportionnel à l’évolution de l’effectif des rhumatologues.

Conclusion : Nos défis dans les 5 ans à venir sont de former plus de spécialistes, d’intensifier les activités de formation médicale continue et de trouver des moyens d’éducation thérapeutique efficients afin de maintenir les patients dans le circuit de soins.

Introduction : With the recent opening of the only Rheumatology ward in Madagascar in 2005, we conducted a study about the evolution of patients’ management, in order to improve strategies in the following years.

Methodology : We conducted a retrospective descriptive survey by analysis of patients’ records seen at UHC Antananarivo Rheumatology Units between January 2006 and 2011.

Results : One thousand and five hundred eighty one medical records were included. Among them, 1480 (94%) were outpatients. There were 111 new cases from 2006 to 2007. However, we recorded 1062 from 2010 to 2011. Patients coming from neighbouring islands rose from 6 to 127 during the same interval. Gout and rheumatic fever were the most evocated diagnosis for outpatients, respectively in 76 and 74 patients. Only 26% of these diagnosis were confirmed in our Rheumatology ward, where degenerative diseases prevailed with 61% of cases, while inflammatory rheumatism counted for 13% (of cases). Almost all the patients received long- term oral corticosteroid and therapeutics possibilities stayed the same with frequent use of Methotrexate. Only 5, 8% of these patients benefit from anti-osteoporotic treatment. The rate of lost to follow-up patients was important, probably because of the increasing number of patients whereas the numbers of rheumatologists had been disproportionately low.

Conclusion : Our challenges in the 5 following years are to train more specialized physicians, to intensify the continuing medical training and to find efficient therapeutic education in order to keep patients within medical care tracking system.

Mots-clés: Rhumatologie; Perspectives; Madagascar.